
"Dark Initiation" photo by Heather Lucille. (cc)
Je ne suis en général que très moyennement intéressée par les modes, tendances et autres tribus qui déferlent d'une année sur l'autre et transforment les adolescents au mieux en nostalgiques de la nouvelle vague et au pire en agités du bulbe fluorescents. Oui, je suis une vieille conne. Mais attention, ça va changer! Je me sens depuis peu l'âme d'une Steampunk. Qu'est-ce donc me direz-vous? Si l'on pianote steampunk sur Wikipédia, l'on nous dit que le terme "steampunk" (punk-vapeur), désigne à l'origine un genre de science-fiction écrite de nos jours mais qui est censée se dérouler au 19ème siècle, en opposition au "cyberpunk". Par extension, il désigne une esthétique uchronique, issue d'un espace-temps qui aurait évolué à partir de la révolution industrielle (d'où la vapeur) et où un futur sans moteur à explosion, sans pétrole et autres matières plastiques se serait alors mis en place. C'est, pour faire court, l'espace-temps dans lequel le Doc est resté bloqué à la toute fin de la trilogie "Retour vers le Futur" de Robert Zemeckis, revenant salué son ami Marty avec sa descendance à bord d'une locomotive-vaisseau spatial-Machine à remonter le temps. Rien de très nouveau alors? Oui et non. Uchronie quand tu nous tiens!
Car c'est ce retour vers un futur romancé, nourri par l'univers de Jules Verne, des découvertes scientifiques et des projections techno-anachroniques (on pense notamment à son chef-d'oeuvre Paris au XXème Siècle), par l'époque Victorienne et son irrésistible parfum de soufre (chère notamment à la variante "steampunk gothique") -les rues glauques de Londres, Sherlock Holmes à la poursuite de Moriarty (le vilain professeur pas le héros de Kerouac), Jack the Ripper- qui séduit un nombre croissant d'excentriques américains et britanniques. De là est née la "tendance steampunk" et comme dans toute tribu qui se respecte, il y a une musique steampunk, des films, des livres, des références, des conventions steampunks (voir la vidéo ci-jointe) et puis évidemment un look steampunk. Et c'est là que ça devient drôle.
Loin des coups commerciaux de marques cherchant à tout prix à créer des tendances (comme la tecktonik était un pur produit marketing) ou la monotonie du revival "année 60-mods-slims- jupes-à-carreaux-ballerines" H&Misé, la mode steampunk plonge ses racines dans les malles de l'arrière-grand-mère, les brocantes, les vide-greniers voire les labos d'EMT pour les trouvailles techniques, et invente des silhouettes élégantes et follement baroques. On ressort les jupons, les camées (les broches), les chapeaux haut-de-forme, les cravates en soie, les montres à gousset... On peut enfin se prendre pour la super-héroïne Adèle Blanc-Sec (le début du 20ème siècle étant toléré) dans un film qui serait réalisé par le duo Caro-Jeunet reformé à nouveau pour l'occasion (ceci était un message subliminal à l'attention de Luc Besson qui possède les droits d'adaptation de la BD de Tardi), car attention! l'idée n'est pas de revivre les affres du 19ème siècle! Les "steampunkettes" sont avant tout des "punkettes"! L'oppression, la répression politique et morale, la société guindée de l'ère Victorienne ne sont pas en point de mire, bien au contraire. C'est pas le passé on vous dit, c'est le futur! Le style oui, le passéisme non! Du coup on habille son Pc ou son Mac, on déguise son Iphone, on se travestit et c'est tellement freaky!
Alors évidemment, je rassure ici mes ami(e)s et mes proches, je ne vais certainement pas adopter le look complet, mais je dois dire que l'idée de porter des frous-frous, des corsets, des chapeaux claques et des goggles (les lunettes d'explorateur qui sont devenus l'emblème des steampunks) me ravit! Evidemment les créateurs branchés sont déjà sur le coup et il est très possible que le créneau devienne rapidement une manne commerciale. Il nous faudra alors vite remonter dans notre time-machine et vivre et revivre à l'infini les prémices encore pures de l'ère Steampunk!






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